Le Silmarillion de J.R.R Tolkien
Le Silmarillion de J. R. R Tolkien : mythologie du Seigneur des anneaux
Tout l’histoire de la Terre du Milieu et de Valinor
Dans cet article je vais m’attaquer au mythe, à la légende. Oui, je vais parler de J. R. R Tolkien, le père fondateur de la fantasy, le précurseur, le modèle, le génie.
Je n’ai pas envie de parler du Seigneur des Anneaux (je le ferais un jour mais pas maintenant) mais d’une autre œuvre beaucoup moins connue, mais pourtant d’un imaginaire et d’une richesse phénoménale : Le Silmarillion.
Dans cette œuvre, Tolkien nous narre comment la Terre du milieu a été crée, comment les elfes, nains, hommes, orcs… sont venus au monde. Bref, l’auteur ici nous présent tout sur la Terre du Milieu. C’est colossal. Il s’agit d’une vraie mythologie, un vrai background pour le Seigneur des Anneaux ou Bilbo le Hobbit.
Avant même que Tolkien ait eu l’idée d’écrire Bilbo le hobbit et donc encore moins Le Seigneur des Anneaux, il avait déjà en tête toute une histoire, toute une mythologie pour son univers sortie de son imagination, qui l’occupa toute sa vie.
Dès 1917, alors qu’il était dans les tranchées, il commença à travailler sur ce background avec le premier conte : « La chute de Gondolin ». S’en ait suivi de nombreuses autres nouvelles qui prirent le nom de Quenta Silmarillion en 1937. Cette même année le succès de Bilbo obligea Tolkien a laissé en suspens sa mythologie pendant 14 années. Et oui, il a fallu 14 ans à Tolkien pour écrire le Seigneur des Anneaux.
A la mort de l’auteur en 1973, les légendes étaient inachevées et très complexes à réunir.
Mais son fils Christopher Tolkien, avec l’aide du fantaisiste Guy Gavriel Kay, publia en 1977 le Silmarillion après 4 années d’un travail de fourmi pour faire le tri dans les écrits de son père, recouper les infos, sélectionner, adapter voir réécrire….
Tolkien ne connut donc pas la parution de son œuvre gigantesque.
Genèse d’Arda et naissance de la Terre du milieu
Le Silmarillion nous conte à travers différents récits et légende la naissance du monde dans lequel se déroule le Seigneur des anneaux : Arda. La notion de Terre du milieu viendra plus tard.
Le Silmarillion se compose de 5 grosses parties :
L’ainulindalë
C’est un court texte relate la création de l’univers Eä née de la volonté de l’Unique Eru Iluvatar qui créa d’abord les Ainur. A partir des thèmes proposés par Eru, les Ainurs furent invités à créer une Grande Musique qui devait être à l’origine de la Terre d’Arda. Mais Melkor le plus puissant des Ainur voulu y ajouter ses propres termes semant ainsi la discorde. Iluvatar donna alors forme à leur vision initiale et chargea les Ainur qui le voulait le façonner. Ce choix était sans retour.
Certains des Ainur choisirent d’y résider. Les plus puissants étant les Valar et les moins puissants, leurs serviteurs, les Maiars Parmis les Valar on retrouve Manwë et Melkor.
La Valaquenta
Dans cette partie Tolkien nous brosse les descriptions et portraits des Valar et Maiar. On apprend aussi les sombres dessins de Melkor.
Le Quenta Silmarillion
Il s’agit ici de l’histoire plus détaillée de ce monde, Arda, jusqu’à la chute de Melkor. On parle aussi beaucoup de l’arrivée des Premiers-Nés, les Elfes ainsi que de la création des Silmarils, joyaux crées par Fëanor, le plus illustre des elfes. Melkor s’en empara.
S’en suivi au sein des elfes, guerres fratricides, exils et séparations.
Apparaissent aussi les nains et les Derniers Enfants d’Iluvatar, les humains. Certains hommes s’engagèrent dans la lutte contre les ténèbres, nous permettant de découvrir les récits épiques de Beren et Luthien ou Turin Turambar.
Ce Quenta Simarillion narre aussi la chute de Gondolin détruit par les armées de (appelé aussi Melkor/ Morgoth). Eärendil le Navigateur pris la mer à l’ouest vers Aman pour obtenir l’aider des Valar, qui répondirent favorablement à sa requête. Les armées de l’Occident détruire la puissance de Melkor, et ainsi se finira la Premier Age.
L’Akallabêth
L’Akallabêth raconte la chute de Numenor au début du Deuxième Âge. Númenor était une île à mi-chemin de la Terre du Milieu et de Valinor, la cité des Dieux. Elle avait été offerte aux hommes ayant combattu Morgoth aux côtés des Elfes durant la Guerre de la Grande Colère. Ces hommes furent appelés Númenóréens ou Dunedains et les Valar les dotèrent d’une longue vie (environ 500 ans pour Elros le premier Roi de Númenor, qui était aussi frère d’Elrond de Fondcombe).
Mais la puissance de Numenor fut pervertie par Sauron, Maia au service du Valar Melkor, à travers ruses et intrigues. Les Numenoréens, suites aux mensonges de Sauron convoitèrent l’immortalité des Valar. Sous le contrôle du roi Ar-Pharazôn ils partirent à la conquète de Valinor. Ils perdirent et périrent. Numenor fut engloutie. Seul survécurent Elendil et les siens restés fidèles aux Valar. Ils fondèrent les royaumes du Gondor et d’Arnor en Terre du Milieu.
les Anneaux de Pouvoir et le Troisième Âge
Cette partie nous explique comment après la chute de Melkor (Morgoth), Sauron établit une grosse puissance grâce à sa ruse et ses intrigues. Il obtint le pardon de l’Ouest et put forger les Anneaux de pouvoir, et l’Anneau Unique afin d’asservir les peuples de la Terre du Milieu. Là on attaque la partie plus connue du Seigneur des Anneaux.
Tolkien nous narre donc la défaite de Sauron par l’alliance des elfes et des hommes menée par Gil-Galad et Elendil et de la perte de son anneau. Cet évènement marqua la fin de deuxième âge et le début du troisième.
Dans cette partie on en apprend plus sur Gandalf et ses congénères (dont Sarouman) : les Istaris, les messagers des Valar.
Une œuvre immense mais pas des plus accessibles
Pour tout fan du Seigneur des Anneaux et plus globalement de la fantasy, cette oeuvre est incontestablement un incontournable. A la lecture de ce livre on sent toute l’importance de l’ouvrage, tout le temps passé par Tolkien pour peaufiner son univers, toute la profondeur de sa mythologie. Bref c’est une oeuvre complète, profonde et recherchée.
Le bouquin est un sacré pavé. De plus il y a pas, à proprement parlé, de fil conducteur narratif, puisque c’est une succession d’évènements, une sorte de livre d’histoire où on relate les faits marquants.
Pour aborder ce livre, je pense qu’il est essentiel évidemment d’avoir lu le Seigneur des Anneaux. La simple vision de la trilogie de Peter Jackson, n’est je pense pas suffisante.
Le Silmarillion est une oeuvre purement Tolkiennienne avec toutes les qualités qu’on lui connait mais aussi tous ses défauts.
Au niveau des qualités, je les ai déjà plus ou moins énumérées : oeuvre magistrale, très profonde, très poussée, une qualité d’écriture, une mythologie développée, un sens de l’héroïsme et d’épopée épique important, une volonté de rendre crédible l’univers en apportant un soin particulier à expliquer les choses.
Par contre, je reste définitivement persuadé que cette oeuvre ne s’adresse pas à tout le monde. Le pendant de toute cette profondeur, de son sens du détail fait qu’on se perd assez vite avec tous les noms, les lieux, les clans, le langage Elfique… Suffit de lire le petit résumé pour être déjà presque perdu!
C’est pour ça qu’à la fin on trouve un lexique très complet qui recense les personnages, lieux mentionnés… On trouve même également des arbres généalogiques pour suivre plus aisément les liens familiaux unissant telles personnes à telles personnes. Nous avons également des schémas expliquant les différents « clans » Elfes. Bien évidement, il y a aussi des cartes. Ce lexique bien que complet comporte malheureusement pas mal d’erreurs, de coquilles et d’approximation. Il n’en demeure pas mois que ce lexique deviendra votre meilleur ami pour la lecture.
L’autre point qui peut freiner c’est le style d’écriture de Tolkien. Il est assez particulier puisque il est plus descriptif que des auteurs comme Hobb, Eddings, Jordan ou Martin. Il est moins cinématographique, on va dire plus littéraire.
Il ne faut non plus oublier que ce livre est une succession d’évènements, donc par conséquent on suit pas en particulier un personnage ou une histoire mais l’Histoire. Du coup on perd le coté « identification au héros » ainsi qu’une psychologie poussée. Il n’y a pas trop d’attachement à un personnage comme ça peut être le cas avec Frodon, Aragorn ou Legolas pour le Seigneur des anneaux.
Pour résumer ce n’est pas un roman.
Malgré ces défauts qui rebuteront sûrement plus d’une personne, nous sommes bien en face d’un livre majeur de la fantasy qui regorge de qualités. Les personnages de légendes, les Valar, les évènement marquant d’Arda sont tout simplement superbe. Les Elfes dévoilent tout leur attrait, et c’est grâce à ce livre qu’on appréhende réellement tout la « puissance » de ce peuple. De plus par rapport au SDA (Seigneur des Anneaux), nous avons plus de créatures, plus de magie, de puissance et de fantasy. En effet, il y a dans le Silmarillion, l’intervention des Valar, des créatures de l’ombre comme Ungolianth ou les Balrogs, des humains puissants, des lieux singuliers….
En conclusion, je ne peux que le conseiller à tout ceux qui ont pris plaisir à la lecture du Seigneur des Anneaux et qui veulent aller plus loin dans l’univers crée par la légende Tolkien.
Pour ceux qui veulent se lancer dans du Tolkien, après avoir vu les films ou lu d’autres livres de fantasy, je vous conseille de d’abord lire le Seigneur des Anneaux et vous familiariser avec le style de Tolkien.
Avez-lu ce livre? Qu’en avez-vous pensez? Que pensez-vous du style Tolkien?






















(attention pavé en prévision).
Déjà, très chouette article ! Complet et détaillé, ce qui n’est pas évident quand on voit le mastodonde qu’est le Silmarillon.
Pour ma part, j’ai d’abord lu le SdA, puis le Silmarillon et ensuite Bilbo le Hobbit.
J’ai vraiment eu la même impression que toi quant au côté ultra complet de ce livre, idem pour les points de vue positifs et négatifs. Il est clair que ça n’a pas été une lecture facile, on se paume souvent, même en étant connsaisseur de fantasy. Mais incontournable, ça c’est sur !
Une seule lecture n’est pas suffisante pour se faire une idée, c’est vraiment le roman typique qui peut se relire de nombreuses fois pour percevoir le potentiel exact de l’oeuvre de Tolkien. Le SdA n’est au final que la partie émergée de l’iceberg !!
@Celine C : Tout d’abord, merci d’avoir commenté. Ca fait plaisir de voir que quelqu’un déjà qui a lu ce livre et qui en plus partage mon avis
.
C’est vrai que c’est un livre incontournable, c’est pour ça que je tenais à en parler. Mais comme tu le dis, il est assez dur à lire, mais quand même faut essayer!
Par contre même si le SDA ne représente qu’une partie de l’imagination par Tolkien, c’est quand même un boulot monstrueux. Car, par rapport au Silmarillion, il y a un plus gros travail sur l’enchainement des chapitres, plus de travail sur les personnages et leur interaction. Bref plus de boulot d’écrivain.
[...] des Anneaux de J. R. R Tolkien. C’est une oeuvre énorme qu’il faut compléter avec le Silmarillion et Bilbo le Hobbit. Cependant cette trilogie se suffit à [...]
Bonjour,
je découvre ton blog via Blogasty et je tombe sur des articles qui m’intéressent beaucoup! Si je commente tardivement ce billet sur le Silmarillion, c’est parce que ce livre m’avait beaucoup plu.
Je rejoins ton avis, ce n’est pas un roman mais pourtant une oeuvre incontournable pour comprendre l’univers qui entoure le SdA. Donc forcément, il n’y a de narration en continu. Ce sont des bouts d’histoire sur divers aspects de la Terre du milieu, et c’est justement là tout l’intérêt. Ce livre m’avait tellement plu que j’ai par la suite relu le SdA pour en découvrir une toute nouvelle saveur.
A bientôt.
@Entropik : Bienvenue alors
et merci d’avoir commenté. J’ai mis en place un petit module pour ceux postant pour la première fois. Est-ce que ça a marché avec toi?
Pour en revenir au Silmariilion, c’est clair qu’il permet de voir le Sda autrement. Je suis entrain de relire Bilbo, j’ai cette même impression même si c’est différent. Ces deux romans permettent vraiment d’apprécier tout le talent de Tolkien.
Cette oeuvre est un incontournable et d’une richesse incroyable. mais faut être réaliste aussi, la lecture est trop compliquée quand même. Et c’est dommage.
Oui, le module a marché parfaitement. C’est vraiment sympa comme idée. ^^
C’est vrai, on ne peut nier que la lecture du Silmarillion est fastidieuse mais je me souviens que je l’avais abordé comme un Traité d’Histoire. Un peu comme les Contes et Légendes Inachevés qui est plus facile d’accès mais très très complet. Lui aussi donne un autre éclairage au SdA.
@Entropik : J’ai eu la même approche que toi. Mais faut aussi reconnaitre qu’il faut quand même être très porté sur le SDA pour s’y lancer.
[...] de la Terre du Milieu. De ce fait, l’univers est beaucoup moins travaillé et profond que le Silmarillion et le Seigneur des Anneaux. C’est un livre qui se lit très facilement, les évènements [...]
J’ajoute ma voix à tes remarques : un livre incontournable mais très difficile.
Je pense qu’il faut apprécier lire des récits mythologiques (grecs ou romains par exemple) pour aimer ce livre. Il y a un trop plein d’informations et le récit est trop décousu et certains chapitres sont très lourds.
Pour ceux qui ont de la difficulté à lire ce livre parce que justement ils ont besoin d’une histoire, d’un héros, etc., je recommande de passer par le récent Les Enfants de Húrin. Le premier chapitre est un peu déroutant vu qu’il est assez riche, mais une fois cet obstacle passé on a un récit plus classique à la lecture fluide. On retrouve un réel plaisir de lecture comme pour le Seigneur des Anneaux, même s’il ne faut pas s’attendre à lire un Seigneur des Anneaux bis vu que l’ouvrage est beaucoup plus noir et sinistre, c’est une tragédie.
Je pense qu’une fois ce livre lu, on arrive mieux à comprendre le Silmarillion car on est un peu plus familiarisé avec le premier âge, il y a moins de nouveautés.
A mon avis dans le Silmarillion, il ne faut pas hésiter à zapper si on accroche pas l’Ainulindalë. A partir du Quenta Silmarillion c’est peut-être plus accrocheur. Reste à voir si sans avoir lu le Valaquenta, c’est compréhensible.
Mon conseil serait de lire le Silmarillion une première fois, sans trop essayer de saisir qui est le frère, du père de qui, ni où on se trouve, juste se laisser porter par les mots. Puis de lire une seconde fois en prenant des notes ou visitants quelques sites Internet sur le sujet pour mieux situer.
Merci pour ce bon billet
@Zelphalya : Honte à moi je n’ai même pas encore lu les enfants d’Hurin
Vu la difficulté de lecture de ce livre, je pense qu’il faut vraiment savoir à quoi s’attendre pour pas être surpris. Après comlme tu le dis, une première lecture « d’adaptation » peut être bien pour ensuite aller plus loin avec une seconde lecture.
Un détail, lorsqu’on a lu les Contes et Légendes inachevés, Les Enfants de Húrin n’a que l’interêt que pour retrouver un plaisir de lecture de par la fluidité du récit sans annotation. Sinon l’histoire est la même, et des passages entiers sont identiques, il n’y a que quelques légères divergences notamment quelques personnages, c’est tout. Donc là aussi il faut savoir ce qu’on va lire, c’est pour ça qu’il a plus d’interêt pour quelqu’un qui s’est arrêté au Seigneur des Anneaux (et Bilbo) ou même quelqu’un qui n’a pas connaissance de Tolkien, mais ce n’est qu’une hypothèse.
@Zephalya : Merci pour la précision. Je ne me rappelle plus tout du Silmarillion, donc me replonger la dedans ne posera pas plus de soucis que ça
[...] des Anneaux et des autres œuvres majeures liées à la Terre du Milieu comme Bilbo le Hobbit ou le Silmarillion, tout en n’étant pas un “extrémiste”. L’enjeu de cette critique est [...]