Le Frisson par Jason Starr et Mick Bertilorenzi
Premier titre de la collection Dark Night
Le Frisson est le premier titre paru dans la nouvelle collection comics lancée par Delcourt : Dark Night.
J’ai déjà réalisé un article sur Zone 10, une autre oeuvre plus récente de cette collection, avec notamment Chris Samnee aux dessins.
Destinée aux polars, cette collection met en avant des oeuvres du catalogue Vertigo Crime. Les titres sont entièrement contenus dans les volumes édités par Delcourt, et n’ont donc pas de suite.
Jason Starr est un écrivain, spécialisé dans l’écriture de récit policier. Le Frisson est sa première incursion dans le milieu de la bande dessinée, mais il reste dans un domaine qu’il affectionne.
Mick Bertilorenzi est quant à lui un dessinateur italien, qui propose une ambiance qui correspond très bien à l’histoire qui est racontée.
Résumé du tome
Des meurtres d’une extrême violence commencent à avoir lieux à New York.
La police et le FBI ne savent pas comment prendre cette affaire : le corps d’un jeune homme a été retrouvé à l’arrière d’un musée, sous un If (arbre d’origine druidique), décapité.
Les témoignages indiquent qu’il a quitté un bar en compagnie d’une ravissante femme, mais toutes les descriptions sont différentes. Pour l’un c’était une intello blonde, pour d’autres une motarde brune, avec des tatouages.
Mais la vidéo de surveillance présente une personne bien différente : la victime a en fait quitté le bar au bras d’une vieille femme !
L’enquête piétine, jusqu’à l’arrivée de Martin Cleary, ex flic de Boston, d’origine Irlandaise.
Selon lui, le meurtrier serait en fait un duo de druides irlandais, qui tuent leurs victimes afin de prolonger leurs vies.
Avec de tels propos, pas sûr que celui-ci soit très convainquant…
Du polar fantastique
Zone 10, autre titre de cette collection, m’a laissé une bonne impression.
Le récit était maitrisé et le dessin de qualité.
Cette fois-ci aussi, l’intrigue avance à un bon rythme, laissant le lecteur suivre l’avancée de l’histoire en même temps que les policiers en chargent de l’affaire.
Malheureusement, il y a plusieurs défauts à ce titre.
Il s’agit plutôt d’un avis personnel, mais je trouve que l’histoire mise en place par Jason Starr évolue mal. Il est question en effet d’un tueur en série, qui semble agir en fonction d’anciens rites druidiques, mais ce qui devait être un polar devient très vite une oeuvre fantastique.
Un peu comme pour Zone 10, où l’intrigue semblait se baser sur le 3ème oeil, et l’éveil des victimes, l’intrigue policière reste une toile de fond, tandis que le fantastique prend le dessus.
C’est dommage car je recherchais vraiment dans ce titre une intrigue policière cohérente et bien ficelée, et je me retrouve à suivre des policiers sur une affaire fantastique.
Du côté de l’histoire, c’est donc une déception, d’autant que le fantastique résout bon nombreux de questions, et cela me semble donc être une manière assez facile de résoudre les crimes.
L’autre point qui me chagrine, c’est que les méthodes du duo de tueur sont révélées assez tôt dans le récit. Je gardais espoir qu’il s’agissait là d’une explication qui se révèlerait fausse, mais tout est vrai. Donc dès le premier tiers du récit, le lecteur sait comment les meurtres se produisent, et nous nous retrouvons à assister à la mort de nombreuses personnes, sans que cela ne nous donne de nouveaux éléments concernant l’intrigue.
Outre ces éléments, la conclusion du titre reste ouverte, mais ne répond pas complètement à toutes les interrogations. Comment les tueurs peuvent-ils être invisibles ? Comment réparent-ils les dégâts ?
Ce sont donc des questions importantes qui ne trouvent pas réponses, ou qui sont trop facilement expédiées, avec le côté fantastique de l’intrigue.
Le dessin est quand à lui une bonne surprise.
Mick Bertilorenzi utilise pas mal de trame ou différents niveaux de gris, ce qui rend le tout beaucoup moins sombre que le style de Chris Samnee sur Zone 10.
Cependant, la construction des pages est intéressante, et rend la lecture dynamique. Cela reste donc classique, mais innovant à la fois (comme le décrit si bien le texte de présentation du dessinateur dans l’oeuvre).
Au final, Le Frisson est une vraie déception pour ma part, car le côté polar que j’attendais n’était pas vraiment au rendez-vous.
Le titre a cependant le mérite de garder le lecteur, et de le tenir jusqu’au bout.
Là où Zone 10 était à lire pour le style de Chris Samnee, je suis plus mitigé sur ce titre, qui s’avère être plutôt moyen dans l’ensemble, malgré quelques bonnes idées de temps en temps.
Après la lecture de ces 2 titres de la collection Dark Night, je me demande si c’est uniquement le polar qui est mis en avant sur cette collection, ou si le fantastique va intervenir sur tous les titres à paraître.
Qu’avez-vous pensé de ce titre ? L’histoire vous a-t-elle convaincue ?


















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