Le Fléau : L’homme sans visage – tome 2 par Roberto Aguirre-Sacasa et Mike Perkins
Captain Trips se répand
Tandis que le premier volume du Fléau nous présentait les principaux intervenants de l’histoire, nous allons ici assister à la propagation de ce terrible fléau, capable de tuer plus de 99,4% de la population.
Reprenant là où le tome précédent s’était arrêté, ce deuxième volume continue de nous présenter les personnages, ainsi que la propagation du virus. Les éléments se mettent en place, et l’intrigue devrait s’accentuer avec les tomes à venir.
Il s’agit donc encore ici d’un tome d’introduction, mais qui fait le lien progressif avec la lutte qui se prépare pour la suite.
L’oeuvre de Stephen King commence à prendre plus de profondeur, et happe le lecteur dans une situation dans laquelle il pourrait être confronté.
Ce second tome contient la deuxième moitié de l’épisode 3 et les épisodes 4 et 5.
Résumé du tome 2
Le monde va mal. Depuis quelques jours, un étrange virus sévit : assimilé à une grippe, les symptômes sont des mots de tête, de la fièvre et de gros ganglions. Mais il semble qu’aucun remède ne puisse guérir cette grippe.
Le gouvernement et l’armée américaine, étant responsables de ce fléau, tentent tant bien que mal de ne pas inquiéter la population. Malheureusement, des villes sont placées en quarantaine, des routes sont bloquées et des contestataires sont exécutés.
La population commence à se poser des questions, tandis que l’armée tente d’endiguer la menace.
Quelques personnages semblent sortir du lot : contrairement au reste de la population et à leurs proches, ils ne sont pas atteint par cette super-grippe. Ils devront ainsi surmonter la mort de leurs proches, et fuir un certain Randall Flagg, qui semble posséder de mystérieux pouvoirs. Serait-il le grand méchant de l’histoire ?
Le malaise se fait sentir
Le premier tome se voulait être introductif. C’en est de même pour celui ci. Nous suivons encore les personnages qui vont sortir du lot, qui réussiront à survivre au virus Captain Trips.
L’histoire avance et continue à se mettre en place. Le virus se propage dans tout l’Amérique, et on sent au travers de la lecture que les morts se multiplient. Mais je suis nuancé sur ce point : normalement le virus doit faire énormément de mort. Et hormis quelques passages où l’on voit l’armée déverser des cadavres en pleine mer, ce n’est pas vraiment convaincant. Peut être est-ce parce que l’histoire s’attarde trop sur les personnages, qui deviendront le centre du récit par la suite. Mais cela aurait nécessité une présence plus accentuée de cette propagation du virus, autrement que par quelques mots et des images chocs.
Il se dégage à la lecture de ce volume un début de malaise, dû principalement aux morts, et à la façon dont c’est traité. C’est fait de manière très réelle, et les images montrant des barges de cadavres installent une tension chez le lecteur. On suit la progression du virus en même temps que les personnages, et les morts s’entassent progressivement.
Les personnages commencent d’ailleurs à sortir un petit peu du lot. On apprend à les connaitre, on vit avec eux la mort des personnes qui leurs sont chères, mais il manque encore un petit quelque chose pour qu’on s’attache à eux. Peut être est-ce la sensation de trop peu à la fin de la lecture du tome, mais pour le moment cela change trop souvent de personnage pour que l’on puisse vouloir en savoir plus.
Je pense que la bonne compréhension et l’intérêt des lecteurs risques de diminuer avec les sorties espacées de chaque volume. Chaque tome peut se lire relativement vite, et il faut à chaque fois patienter 4 mois pour avoir la suite. C’est donc suffisant pour perdre le fil de l’histoire, et l’attention que l’on peut porter à certains personnages.
D’ailleurs, il me semble préférable de relire le premier volume avant celui ci si l’on veut pleinement profiter des avancés des personnages. Vu que les 5 premiers épisodes constituent un arc complet, cela n’est pas étonnant.
Les dessins de Mike Perkins sont vraiment sublimes. Il colle parfaitement avec l’ambiance qui ressort de l’oeuvre, et les couleurs utilisées sont plutôt grasses. Pas de fluo ou de surenchère de couleurs, rien que des teintes sales, pour correspondre à l’ambiance mortuaire du récit.
Je trouve dommage que Delcourt ait du couper les différentes saisons en 2 parties, mais à priori la découpe ne gênait pas plus que ça (du moins dans le cas de l’épisode 3). Espérons que par la suite cela restera le cas.
Autrement, le volume est très bien réalisé : mis à part une ou deux tournures qui me semblaient lourdes (et également une faute), la traduction me semble être convenable. Cela manque tout de même de bonus, de la même façon que pour La Tour Sombre.
Le Fléau reste une très bonne lecture, malgré la lenteur du récit. Nous n’en sommes qu’à l’introduction et les choses devraient aller plus vite prochainement, mais le rythme de parution doit jouer dessus également. Mais si les récits fantastiques, à la tension palpable vous intéressent, jetez vous dessus, car c’est une très bonne lecture. Pour le moment, cette adaptation est de très bonne facture.
Suivez-vous ce comics ? Que pensez-vous de l’adaptation ?


















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