. Le couvent des damnés – tomes 1 et 2 de Minoru Takeyoshi | Fant'asie
Kameyoko 12/04/2017 1
  • Scénario
  • Graphisme

Le couvent des damnés - tome 1

Le couvent des damnés – tomes 1 et 2 de Minoru Takeyoshi

L’impitoyable ordre du Claustrum

Au début de l’année, Glénat nous a proposé sa nouvelle série prometteuse : le Couvent des Damnés. Le titre et le synopsis sont très prometteurs et donnent envie de découvrir ce qui se cache derrière ce manga.
La réponse est une histoire de vengeance au sein d’un ordre religieux très dur.

Le couvent des damnés – tomes 1 et 2 de Minoru Takeyoshi sont édités par Glénat Manga et sont disponible à la vente depuis, respectivement, les 04 janvier et 08 mars 2017.

Résumé du couvent des damnés 1 et 2 chez Glénat

Résumé du tome 1 :

Au XVIe siècle, dans le Saint-Empire romain, l’inquisition condamnait de nombreux innocents au bûcher. Privée de sa famille, Ella se retrouve envoyée dans un couvent qui rééduque “les filles de sorcières”. Tortures et miracles viendront-ils à bout de la flamme de vengeance qui brûle en elle ?

Résumé du tome 2 :

XVIe siècle, Saint-Empire romain germanique. Une époque où des sages-femmes innocentes pouvaient être accusées de sorcellerie. Laissée seule au monde par les persécutions de l’Église, la petite Ella est enfermée dans un couvent pour “enfants de sorcières”. Parmi ces jeunes filles endoctrinées par l’ordre du Claustrum pour servir ses ambitions hégémoniques, existe-t-il d’autres prisonnières pour partager l’envie de vengeance d’Ella ?

La vengeance est un plat qui se mange froid et dans la souffrance !

Pour vendre sa nouvelle série, Glénat met en avant le fait que Hiromu Arakawa (Fullmetal Alchemist, Silver Spoon…) et Makoto Yukimura (Vinland Saga) ont encensé ce manga. Je dois reconnaître que ça intrigue tant ces deux auteurs ne sont pas des manches (doux euphémisme, car j’adore leurs œuvres). Et à la lecture, je comprend mieux d’où leur vient cet enthousiasme. Surtout que je trouve qu’il y a quelques points communs avec Vinland Saga.

Ce Couvent des Damnés prend place au 16ème siècle, où l’Eglise et particulièrement son inquisition sont très influents et aiment bien brûler des « pseudo-sorcières ». On y suit la jeune Ella qui voit sa mère adoptive être accusée de sorcellerie et mourir. Elle va rejoindre un couvent pour fille de sorcière. Sauf, qu’Ella compte bien se venger des responsables du meurtre de sa mère. Mais pour cela, elle va devoir survivre dans ce couvent dur et impitoyable.

D’emblée, Ella apparaît comme un personnage fort, malmenée par la vie. Toute sa vie n’aura été qu’une succession d’événements tragiques, sauf quand elle était aux côtés d’Angelika, sa mère adoptive. Mais on lui a retiré trop tôt, alimentant sa soif de vengeance et sa force de caractère. Au sein de ce couvent, elle va découvrir l’enfer que l’on réserve à ces filles de sorcières et comment elles vont être remises dans le droit chemin.
L’entrée en matière est donc dure, forte et marquante. Même si Ella est dépeinte comme une enfant/ adolescente un peu spéciale, on ne peut que s’attacher à elle. La suite s’apparente plus à la mise en place de cette vengeance implacable, calculée et qui sera longue à assouvir.
Le couvent des damnés est plus profond qu’une simple histoire de vengeance. Déjà parce qu’il lui faudra plusieurs années avant de l’assouvir. Plusieurs années à vivre ce calvaire dans ce couvent si spécial. L’ordre religieux a mis en place tout un système pour aliéner ses filles. Ella va donc tenter de s’y soustraire tout en feintant de rentrer dans le rang. De page en page, l’univers se densifie avec toujours en toile de fond ce but ultime et la sordidité du couvent. De fait, le lecteur plonge dans ce récit savamment mené et passionnant. Surtout qu’Ella va lier certains liens avec d’autres filles, et commencer à préparer sa vengeance avec elles, avec froideur, détermination et persévérance.

Le couvent des damnés - tome 2Ces deux premiers tomes s’avèrent diablement efficaces et percutants. Minoru Takeyoshi pose son contexte avec une insolente réussite. D’emblée, on comprend cette soif de vengeance et cette résolution sans faille. La caractérisation d’Ella est bonne. Elle nous apparaît un peu différente mais surtout forte et maligne, même si elle a un côté un peu flippant parfois. En ça, elle diffère un peu de l’héroïne classique.
Sous couvert de vengeance, ce seinen aborde aussi la thématique de la religion dans sa matérialisation la plus extrême, avec son inquisition, durant cette époque. Cela renforce l’immersion dans une époque médiévale, très dure pour les gens du peuple, soumis à une forte pression de l’Eglise. Personnellement, je trouve que cette dimension historique donne encore plus de vie à ce récit, mais sans pour autant en faire un manga historique.

La mangaka a inséré une sous-intrigue pas dénuée d’intérêt avec des passages dans le futur et la découverte d’une « Vierge de fer » renvoyant probablement à l’histoire d’Ella. Cette machine revoit aux tortures qui pouvaient être faites à l’époque. Ce supplice étant, ici, particulièrement cruel, même si l’histoire a prouvé que l’homme pouvait être bien créatif en termes de tortures. Je vous laisse faire des recherches sur « La Scie », « Le Berceau de Juda » ou encore le « Taureau d’Airain »… Pour le moment, on ne voit pas encore trop le lien avec cet objet et l’histoire principale. Mais nul doute que ces deux intrigues vont se croiser à un moment ou à un autre.

Le deuxième tome continue sur la bonne impression du premier opus et continue de développer l’intrigue. Des personnages font leur apparition ou sont plus développés donnant plus de consistance au tout. J’ai juste été un peu déçu par l’apparition d’un personnage qui annonçait de bonnes choses mais pour finalement être un peu décevant. Mais ce dernier aura au moins permis de montrer à quel point la cible principale d’Ella est une redoutable adversaire, retorse et difficile d’accès.

Graphiquement, le style de Minoru Takeyoshi est assez paradoxale, à la fois simple, mais puissant. Simple, notamment dans les charadesigns, avec des traits ronds, de grands yeux, donnant l’impression d’une oeuvre simple et très grand public. La mise en scène est également simple mais efficace. Mais d’un autre côté, nous avons des décors travaillés et mâtures et quelques scènes maîtrisées violentes et dures. Ce mélange simplicité, douceur et un dessin plus violent et engagé parfois, fonctionne plutôt bien. Surtout que les personnages ont une bonne expressivité entre une Ella qui oscille entre haine dans ses yeux et détermination, et d’autres personnages dont il est difficile de savoir s’ils représentent une menace ou non.

Pour conclure, Le couvent des damnés – tomes 1 et 2 de Minoru Takeyoshi révèlent tout le potentiel de la série. En deux tomes, le lecteur est embarqué dans cette froide vengeance, qui va se faire au prix de sacrifices et de privations assez horribles. Ce manga a un véritable potentiel tant Ella irradie les pages de son caractère résolu, de sa haine et de sa détermination envers et contre tous. L’impact de l’Eglise sur la vie des gens est également bien retranscris.
Tout au long des pages, il y a une tension qui se crée au fur et à mesure que les rouages de ce couvent sont mis à jour. On sent que tout peut basculer rapidement et que ces filles vont vivre un enfer. Et c’est pour ça que j’ai vivement envie de lire la suite.

Et vous qu’en avez-vous pensé ?


Un commentaire »

  1. Eric Général 21/04/2017 at 05:50 -

    Contrairement à l’un de mes fils qui n’a jamais pris le temps de lire, ma fille dévore les mangas et les résumés rédigés sur votre blog sont une aide précieuse pour me faire une idée des bouquins à acheter.

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