
- Scénario

- Graphisme

Karakuridôji Ultimo – tomes 4 et 5 de Hiroyuki Takei
La fin du monde ? Et après ?
Karakuridôji Ultimo est un manga qui, soyons honnête décoit. Pourtant le tome 3 proposait enfin son lot d’originalités avec une fin de volume qui m’avait presque scotchée. J’ai enfin cru au lancement de ce manga, pensant qu’il avait trouvé sa voie.
J’avais donc hâte de lire la suite et voir si mes espoirs étaient confirmés.
Karakuridôji Ultimo – tomes 4 et 5 de Hiroyuki Takei sont édités par Kazé Manga et disponible à la vente de puis, respectivement les 07 juillet 2011 et 10 novembre 2011.
Résumé de Ultimo 4 et 5 chez Kazé Manga
Résumé du tome 4 par l’éditeur :
Son pacte finalement conclu avec Ultimo, Yamato est résolu à se battre en tant que champion des soldats du Bien. Il était loin d’imaginer que cette décision l’obligerait à affronter son ami de toujours, qui cachait derrière son masque un visage déformé par la Jalousie. Un à un, Dôji du Bien et Dôji du Mal sortent de l’ombre et se rassemblent… Le choc fatidique des cent machines est sur le point de s’accomplir sous les yeux de son instigateur, à la fois partout et nulle part, Dunstan.
Résumé du tome 5 par l’éditeur :
Revenu au Japon du XIIe siècle, Yamato découvre la vie antérieure d’un Iruma noble et tente d’empêcher Jealous de le pervertir, en vain. Nez à nez avec Dunstan, le jeune lycéen prend toute la mesure de son impuissance contre les distorsions dimensionnelles opérées par l’insaisissable savant et son dôji. De retour dans le présent après cet échec cuisant, Yamato et Ultimo n’ont plus d’autre choix que de faire face à tous les dôji du “Bien” et du “Mal” pour découvrir leur véritable nature dans les conditions extrêmes qu’impose le combat.
On efface tout et on recommence
Après le terrible et inattendu retournement de situation du tome 3, Karakuridôji Ultimo reprend sur de nouvelles bases.
Après la fin du monde et le massacre des dôjis du bien, grâce au pouvoir d’Ultimo, Yamato revient quelques heures en arrière. L’occasion d’empêcher ce funeste destin. Il ne reste que peu de temps à Yamato pour se préparer, de nouveau, à l’affrontement final des cents machines.
Là, très honnêtement, je m’attendais à une repasse accélérée des évènements des trois premiers tomes avec des éléments qui diffèrent, mais qui suivent la trame. Mais Stan Lee et Hiroyuki Takei nous surprennent un peu en faisant intervenir Musashi, qui se voit ainsi développé, et Eko qui orientent Yamato vers une stratégie étonnante.
En effet, bien qu’il se confronte à Iruma, il fait un saut dans le passé voir comment tout à commencer, et voir comment les évènements de l’ère samourai influent sur le contemporain. Et là, deuxième surprise, loin d’avoir une copie conforme du Iruma moderne, nous avons un Iruma sensiblement différent, qui n’en devient que plus intéressant. Il est humain, dévoué à son peuple et gentil. Bien loin de l’image qu’on en a actuellement. Il est donc intéressant de voir comment il bascule.
La voie choisie, dans un premier temps, est vraiment plus originale que ce que je pensais et me laisse presque croire que la série est lancée et suit une bonne trajectoire. Surtout que la fin du tome 4 met en scène le mystérieux Dunstan pour un rebondissement prometteur.
Mais malheureusement la suite s’annonce déjà moins surprenante et moins aguicheuse. En effet, on retrouve Yamato dans le présent aux prises avec Iruma et Jealous. On a la désagréable sensation de revenir sur nos pas, sans avoir l’impression que ce passage dans le passé n’ait eu un impact.
Par contre l’accent est un peu plus mis sur Dunstan qui parait de moins en moins manichéen, mais de plus en plus mystérieux. Son omnipotence est vraiment mise en avant et ce personnage parait incontournable et puissant. Mais on en sait toujours aussi peu sur lui.
On retrouve un peu le dôji ultime du mal avec Vice qui est un peu plus creusé et qui donne ses motivations. De fait, même si c’est le méchant, il se montre un poil plus complexe que le simple représentant du mal ultime.
Dans ce 5ème volume, il y a des passages et des raisonnements assez pitoyables. Le premier à me venir en tête est Jealous voulant faire de Yamato son maître pour la bonne raison qu’il est médiocre ! WTF !? C’est selon lui, le summum de ce qu’est le mal. Le top du top du mal. Et là vous vous dites comme moi que c’est juste risible.
On continue ensuite avec un sauvetage de Yamato dû à son esprit trop rempli d’images de la fille qui l’aime. Là aussi, on frôle le ridicule. C’est les deux points qui m’ont le plus choqué mais on a souvent des justifications poussives et des dialogues faiblards. Le niveau global en prend donc un sacré coup et nous faire redescendre sur Terre. Malgré l’envolée d’espoir que j’avais à un moment, Karakuridôji Ultimo déçoit encore. Je dois me faire à l’idée que les bonnes idées n’arrivent pas à effacer les mauvais points. Par conséquent Karakuridôji Ultimo ne sera qu’un médiocre shônen, pas désagréable mais franchement limité.
Surtout que graphiquement Hiroyuki Takei a toujours un peu de mal avec sa lisibilité lors des scènes d’action. On ne comprend pas forcément ce qui est dessiné. Les décors et arrières-plans font parfois un peu vides. Par contre, dès qu’il s’agit de représenter les dôjis et les robots en mode fusion, le mangaka est déjà beaucoup plus à l’aise.
Pour conclure, Karakuridôji Ultimo m’a fait croire l’espace de deux tomes qu’il allait enfin décoller. Mais le 5ème volume vient me clouer au sol avec sa médiocrité. J’ai vraiment cru que ça allait en s’améliorant, que les surprises allaient enfin être de la partie et que tout allait se débloquer. Mais malheureusement, à cause de certaines facilités dans le scénario, de personnages fades et de grosses maladresses, j’ai des doutes sur les prochains tomes.
Je me suis résolu à juste considérer ce manga comme un divertissement moyen.
Et vous qu’en avez-vous pensé ?

















