
- Scénario

- Graphisme

Ichi the killer – tome 4 d’Hideo Yamamoto
Un seinen toujours aussi percutant
Plus les tomes passent et plus Ichi the Killer me plait. Après le choc des premiers volumes, la suite devient réellement palpitante, tout en étant éprouvante.
Ce thriller violent parvient à être plus que simplement violent. On en vient à le voir comme une super histoire prenante. Et ça, vu l’ambiance et la perversion ambiante est une belle réussite. Lire ce manga est toujours quelque chose d’excitant mais en même temps de coupable. Ce tome 4 ne déroge pas à cette règle, surtout que les évènements s’accélèrent pour Kakihara et Ichi
Résumé d’Ichi the Killer 4 chez Tonkam
Résumé de l’éditeur :
Les manigances de Papy portent enfin leurs fruits : Kakihara va être banni du clan. Une fois privé de soutien, lui et son clan seront également considérés comme ennemis par tous les yakuzas de la ville. Il est temps d’appeler Ichi pour éliminer ces gêneurs.
Kakihara sans limite
Ichi the Killer est vraiment un manga à part dans la production actuelle. Il existe quelques titres bien gores, bien violent, mais Ichi the Killer joue dans un autre registre. Evidemment c’est un titre destiné uniquement aux adultes avertis, mais ce n’est pas pour sa violence visuelle qu’il se démarque. Parce qu’au final, nous n’avons pas tellement de sang ou de membres arrachés (tout est relatif, hein). Mais il est marquant par son sadisme, son réalisme et pour ses perversions.
Ce tome 4 nous le prouve encore avec quelques scènes bien marquantes. Je pense, entre autres, à la séance SM de Kakihara affublé d’un masque de domination et ligoté ou encore au traitement et à la mort du jeune loup mafieux s’en prenant directement à Kakihara. Cette mort est bien marquante. Elle va marquer les yakuzas, autant que le lecteur.
Cette violence est peut-être encore plus présente que dans les autres tomes parce que celui-ci marque un virage scénaristique important ; et ce à deux niveaux.
Premièrement, le conseil des clans yakusas exclu Kakihara et lui demande de se retirer et de ne plus diriger le clan Anjo. Kakihara refuse et prend pleine possession du clan Anjo. Mais cette décision est lourde de sens puisque le clan ne bénéficie plus de la protection du conseil. De fait, Kakihara est devenu la cible de tous les autres clans.
Mais pour ce étraqué, cela signifie qu’il n’a plus aucune contrainte et qu’il est libre de faire ce qui lui plait. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il va s’en donner à cœur joie. Il est bien décidé à ne pas se laisser marcher dessus et à reprendre en main tous ses business. Et il sait comment le faire savoir.
Il peut donc laisser parler sa violence et son goût du sado-masochisme.
Ce nouveau statut de Kakihara accélère les évènements. Le papy prépare soigneusement son coup dans l’ombre et va faire appel à Ichi. L’intrigue devient réellement palpitante. Les éléments se mettent en place, et on sent que le prochain tome risque d’être assez intéressant et toujours aussi violent et trash.
Le deuxième virage important de ce tome tourne autour du personnage d’Ichi. Tout d’abord, il se montre plus perturbé que jamais. Le récent massacre de son amie et de son compagnon violent l’a perturbé. On le voit sombrer de plus en plus, ressassant toutes les brimades dont il a été victime.
Petit à petit, on le voit basculer vers le sadisme. Et cette bascule est assez bien amenée et est une suite logique de l’état psychologique d’Ichi.
De plus, ce tome va marquer le début de la confrontation directe entre Ichi et Kakihara et ses hommes. Les deux hommes vont se croiser et intéragir. Ichi, quant à lui, va entrer en action et commencer à assassiner les membres du clans. On en salive d’avance.
Ce Ichi the Killer – tome 4 marque aussi un tournant dans le sado-masochisme qui n’en devient que plus explicite. Ichi bascule vers le sadisme et commence à vouloir maltraiter les gens. Kakihara a le droit à sa séance personnelle de masochisme, où enchainé, masqué, il se prend des coups et se fait lacérer.
De plus, sa passion devient presque contagieuse puisque Karen commence elle aussi à vouloir faire souffrir.
Mais ce que j’aime dans ce manga, c’est que cette violence et ce coté dérangeant ne sont jamais (ou rarement) gratuits. Cela est toujours fait soit dans une volonté de faire avancer l’intrigue, soit pour densifier le background des personnages. La force de Hideo Yamamoto est donc d’arriver à faire croire à son lecteur que ces scènes sont le cheminement logique de l’intrigue ou de l’évolution d’un personnage.
Je n’ai pas l’impression que cela soit fait dans une volonté de choquer et d’aller le plus loin possible dans le trash. Au contraire, ça sert à faire avancer cette guerre de gang et mettre en place le plan du papy.
Le mangaka maîtrise parfaitement le rythme de son récit. On ne s’ennuie pas une seconde à la lecture. Il alterne bien entre avancées scénaristiques, scènes plus ou moins choquantes et développement de personnages. Les personnages sont très bien travaillés et bien torturés. Clairement ces personnages barrés aux mœurs étranges ne laissent pas indifférents.
Graphiquement, le trait réaliste de Hideo Yamamoto ne fait qu’appuyer l’atmosphère mise en place et l’impression de dépravation. Il y a beaucoup de détails avec un travail assez fin dans les décors et arrières plans pour favoriser l’immersion. Le découpage et la mise en scène sont dynamiques et mettent en avant le coté dérangé des personnages, notamment avec quelques contre-plongées.
Pour conclure, Ichi the Killer – tome 4 marque probablement un tournant dans l’intrigue en enlevant la bride à Kakihara qui n’en devient que plus pervers et plus incontrolable. L’intrigue principale se développe, et les différents éléments commencent à se mettre en place, pour une suite qui s’annonce palpitante.
Ce quatrième opus est toujours aussi dérangeant et percutant, voir plus, car l’accent est encore plus mis sur le sado-masochisme. Définitivement, Ichi the Killer n’est pas un manga à mettre entre toutes les mains. Par contre, croire qu’il ne joue que sur le coté trash serait une grosse erreur. C’est avant tout une vrai polar de yakuzas, avec un scénario construit, des personnages profonds et un rythme maitrisé. Le tout est servi par un graphisme de qualité de Hideo Yamamoto.
J’ai vraiment hâte de lire la suite.
Et vous qu’en avez-vous pensé ? Trouvez-vous que le coté subversif soit gratuit ?

















![[Japan Expo] Coup de gueule autour des jeunes cosplayeuses](http://www.fant-asie.com/wp-content/uploads/2011/07/IMG_2802.jpg)


