Ichi the Killer – tome 2 de Hideo Yamamoto
Une suite éprouvante
Ichi the Killer – tome 1 était une introduction choc pour un manga qui risque d’être trash. Cette plongée dans le monde des yakusas avec ses perversions, sa violence est réservé à un public très averti.
C’est une lecture qui ne laisse pas indifférent et ce deuxième volume confirmera cette impression. Pourtant, au-delà de ce coté dérangeant, Ichi the Killer est un seinen très prometteur. Mais pour aller plus loin, ce manga devra développer son scénario. Est-ce le cas dans cet opus ?
Ichi the Killer – tome 2 d’Hideo Yamamoto est édité par Tonkam et est disponible à la vente depuis le 11 mai 2011.
Résumé de Ichi the Killer 2 chez Tonkam
Le vieux papy se présente devant Masa pour lui vendre des informations concernant la disparition du chef du clan Anjo. Selon lui, les responsables sont un gang de casseurs chinois, engagé par Suzuki, du clan Funaki. C’est un clan lié à celui d’Anjo tout en étant concurrent.
Masa et ses acolytes se montrent circonspect au départ, mais les arguments du papy les font changer d’avis sur la vraisemblance de ses informations.
Masa part donc rechercher Suzuki et compte bien lui arracher des confessions, même si pour cela il devra le torturer un peu.
Mais cet acte risque bien de lancer une guerre des clans au sein même de l’immeuble.
Masa, ce yakuza sado-maso
Le premier tome avait été une agréable mais perturbante expérience. Je reprochais juste pour l’instant un scénario qui ne permettait pas encore de justifier toute cette violence et perversité pour que cela ne soit pas juste gratuit.
Mais très rapidement, dans ce deuxième volume, Hideo Yamamoto prend le taureau par les cornes et développe l’intrigue. Pour cela, il place le papy dans la gueule du loup.
Celui qui a fomenté l’assassinat du chef du clan Anjo va rencontrer Masa en se faisant passer pour un informateur.
Ainsi il le place sur le devant de la scène, mais sans trop savoir ce que sont ses motivations. Il semble mettre en place un plan dont les contours sont encore un peu flous, même si quelques éclaircissement et révélations sont fais. De fait, on sent que le scénario va réserver de belles surprises avec ce papy très manipulateur, bien décidé à provoquer une guerre des clans. Mais quel est son but in fine ?
Le scénario commence à s’étoffer et permet de rajouter un troisième protagoniste important. D’un duo, on passe à un trio : Masa, Ichi et le papy mystérieux.
Bien que ce ne soit que le début, l’intrigue commence à prendre forme et nous tient déjà en haleine. La confrontation du papy face à Masa est savoureuse, d’autant plus que le « groupe » du papy entend ce qui se passe et nous offre un point de vue un peu différent et quelques éclaircissements, nous laissant supposer que le papy a un plan minutieusement préparé.
La suite d’Ichi the Killer risque d’être passionnante à suivre et bien plus complexe que ce qu’on peut penser initialement. Clairement, on sent que ce manga n’est pas seulement un titre pervers, violent et sadique.
Je dis bien « pas seulement », parce que ces aspects sont clairement centraux, et encore plus avec ce tome. La violence et le sadisme sont toujours là, notamment par le biais d’un scène de torture du pauvre Suzuki. Et là on peut dire que Yamamoto se fait plaisir par l’intermédiaire d’un Masa plus trash que jamais. Cette scène est choquante et donne des frissons rien que d’imaginer les souffrances endurées. Il va quand même loin dans cette violence réaliste. Une scène qui marquera les esprits et qui confirme que Ichi the killer est vraiment à réserver à un public averti !
Mais ce qui est frappant avec ce manga, c’est que le mangaka arrive à faire devenir son lecteur un peu maso aussi. Parce que, bien que ces scènes soit dérangeantes, on en redemande ! Ce titre a vraiment une ambiance à part et une personnalité qui font qu’on ne peut confondre ce titre avec un autre.
Faut dire que le mangaka détient deux personnages forts et charismatiques. Entre un Masa flippant et perturbant et au charadesign réussi; ainsi que cet Ichi qui est vraiment barré aussi, nous avons bien là deux personnages que l’on n’oublie pas.
Dans ce tome, on nous montre le jeune garçon, cherchant à protéger les faibles (une prostituée, un enfant battu) comme tout héros qui se respecte, sauf qu’il est mis en exergue ses propres perversions à base d’auto-mutiation, de plaisirs solitaires sexuels et de violences conjugales. Bref, un personnage dérangeant mais différent de Masa.
Ce tome est vraiment passionnant à lire, bien que les scènes d’action soient moins présentes. Mais la mise en place du scenario, les machinations du papy et les actes et dialogues autour de Masa font qu’on ne s’ennuie pas une seconde.
Graphiquement, le trait de Hideo Yamamoto est toujours agréable à l’œil. Son travail sur les personnage avec leur charadesign, leurs expressions faciales sont superbes. D’autant plus que les décors et arrière-plans sont toujours soignés. Il fait preuve aussi d’un vrai talent pour le découpage, rendant les scènes chocs encore plus impactantes.
Pour conclure ce Ichi the Killer – tome 2 est une expérience particulière parce que certaines scènes sont marquantes et perturbantes. Pourtant la lecture est addictive. Notamment parce que le scénario prend forme et montre que ce n’est pas purement gratuit. Les personnages sont tarés à souhait. Le travail graphique est aussi excellent.
Un tome qui laisse présager d’un seinen qui fera date et marquera les esprits. J’ai hâte de lire la suite et voir comment le mangaka va continuer son intrigue et voir quels sont les desseins du papy.
Un lecture à réserver à un public adulte et qui sait à quoi s’attendre, mais qui se révèle plus profonde que ce que l’on pourrait imaginer initialement.
Et vous qu’en avez-vous pensé ? Que pensez-vous de ces fameuses scènes?



















![[Japan Expo] Coup de gueule autour des jeunes cosplayeuses](http://www.fant-asie.com/wp-content/uploads/2011/07/IMG_2802.jpg)



Et oui Ichi the Killer est une pure tuerie ! J’ai lu les scan bien avant la sortie du manga en France (oulala pas bien).
Je crois que c’est le truc le plus dérangeant que j’ai pu lire. Et pour avoir lu le titre dans son intégralité, je peux confirmer ton impression: oui, il est beaucoup plus complexe et profond qu’il n’y paraît !
Encore une bonne critique en tout cas.
@Yomigues : Le scantrad, c’est tabou, on en viendra tous à bout !
:p
Blague à part, c’est un titre grave dérangeant mais qui ne se contente pas uniquement de ça. Mais il va quand même loin. Dans ce tome la scène où il plonge la b*** du mec dans l’huile, c’est brrrr !
Je suis content de savoir que ce titre nous réserve encore quelques surprises et se contente pas d’être sadique juste pour l’être.
Merci pour le compliment