Confessions d’un automate Mangeur d’Opium de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit.

Torospatillo 14/07/2011 3

Confessions d'un automate mangeur d'opium de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit

Confessions d’un automate Mangeur d’Opium de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit.

Du Steampunk français écrit à deux mains.

Confessions d’un Automate Mangeur d’Opium a été publié en 1999, il a été écrit par Fabrice Colin et Mathieu Gaborit, deux auteurs français que je ne connaissais pas, mais qui, semble-t-il, à l’époque de la sortie de cet ouvrage étaient considérés comme les auteurs à surveiller de prêt en matière de science-fiction et de fantasy…

D’après la page Wikipédia de ce livre, il aurait reçu le prix Bob Morane en 2000 dans la catégorie du « Meilleur roman francophone ». Toutefois, rien n’est indiqué sur cette récompense en 4ème de couverture de mon édition (Motifs).

Cet ouvrage suit les aventures de Margaret Saunders, dite Margo, et de son frère Théo dans un Paris de 1899 en pleine explosion industrielle suite à la découverte de l’éther.

Concernant l’écriture à deux (quatre?) mains, j’ai pu lire sur certains forums que chacun des auteurs avait en réalité pris en charge l’un des personnages (chaque chapitre étant écrit à la première personne à travers le point de vue de l’un de ses deux protagonistes)… Cependant je n’ai trouvé aucune confirmation officielle sur ce point.

Enquête dans la ville des lumières.

Margo est une jeune actrice en vogue dans la ville des lumières. Sa vie va basculer lorsque sa meilleure amie décède suite à une chute inexplicable de son aéronef personnel propulsé à l’ether.

Alors que la police pense au suicide dès lors que la jeune femme est retrouvée serrant un poème dans ses mains, Margo est certaine que son amie a été assassinée et décide d’enquêter…

Elle demandera l’aide de son frère Théo, aliéniste, de l’accompagner dans son enquête. Ce dernier se rendra vite compte que les vers que la jeune défunte serraient dans sa main, ne sont autres que ceux rédigés par un de ses anciens patients, dont le dossier à mystérieusement disparu de l’hôpital…

La portée de leur enquête va très vite les dépasser, ils se verront poursuivis par des hommes aux membres remplacés par de l’ingénierie éthérienne. Ils toucheront également à des secrets d’états intéressant aussi bien la France que l’Angleterre, croiseront le chemin d’un savant fou, d’un journaliste déchu et de quelques personnages célèbres ayant réellement existés…

Une lecture agréable mais clairement incomplète.

Confession d’un Automate Mangeur d’Opium est une lecture agréable, on y suit une enquête sans temps mort, mais dont les rebondissements sont toutefois relativement prévisibles.

L’aspect steampunk (même si il ne s’agit pas ici de vapeur mais d’éther) est bien construit, riche en bonnes idées (automates, moyens de transport volants, ville de Métropolis), vivant et crédibles.

Enfin, et de façon complémentaire à l’aspect steampunk du roman, c’est un plaisir de parcourir Paris en pleine exposition universelle de 1899.

Toutefois, si il s’agit d’une lecture agréable, je l’ai trouvé bien trop lisse, notamment quant à sa dimension « écrite à deux mains ». En effet que ce soit le point de vue de Margo ou de Théo l’écriture est la même et finalement n’apporte aucun relief au récit.

Au surplus, il en est de même quant aux caractères des protagonistes. Si Margo se jette cœur et âme dans cette enquête pour identifier le meurtrier de son amie, j’attendais de son frère Théo, qui nous est initialement décrit comme un savant dont les recherches sur l’éther auraient pu être propulsées par cette enquête, un peu plus de relief et d’ambivalence mais il n’en est rien…

Au final, on se retrouve avec des personnages assez plats, dont les subterfuges des auteurs pour leur donner de la consistance ne sont que superficiels. Je pense par exemple au fait que Margo soit lesbienne et en couple avec Sarah Bernhard (comédienne de théâtre ayant réellement existé) qui au surplus n’apparait pas dans le roman…

Alors, bien sure, une telle démarche permet de gagner quelques « points dystopie » mais j’ai trouvé surtout qu’il s’agissait d’un quasi cache-misère pour essayer de donner de la profondeur à des personnages finalement très superficiels…

Concernant l’enquête en elle même, si elle mène à certaines scènes d’actions bien maitrisées, elle est relativement prévisible quant à ses rebondissements. Si à mi roman, on pense que l’histoire va finalement s’étoffer après une rencontre avec une sorte de savant fou et une descente dans son antre, suivie par une plongée métaphysique dans les rêves opiacés d’un automate, il n’en est rien et on se retrouve vite repositionné sur des rails qui nous mèneront jusqu’à la fin du roman.

Si l’enquête se termine, il n’en est rien des nombreuses sous-intrigues laissées en suspens par les auteurs… et le problème majeur de ce roman se situe ici…

En effet, on nous a fait miroiter des usines de robots militaires à la solde des plus offrants, des complots politiques pouvant couler l’Empire Britannique ou la France, des rites antiques menant à l’immortalité découverts dans le temple d’Angkor, les effets néfastes de l’éther sur la psyché humaine, un tueur en série dont les agissements semblent guidés par l’éther, un journaliste mis à pied par le gouvernement, des ecclésiastes soucieux de la pérennité de Dieu dans ce monde en changement…

Toutefois, aucune réponse ne nous est apportée sur ces points, et on finit cet ouvrage frustré, et avec la très désagréable impression de s’être fait avoir….

Pour conclure je dirais que Confessions d’un Automate Mangeur d’Opium a été une grosse déception pour moi et alors qu’il aurait pu être une lecture agréable pleine de bonnes idées, il s’avère tout simplement frustrant…

Et vous qu’en avez vous pensez, me trouvez vous trop dure avec cet ouvrage ? N’avez vous pas eu l’impression qu’il s’agissait d’un premier tome et qu’une suite aurait dû arriver pour enfin résoudre les sous-intrigues laissées en suspens ?


3 commentaires »

  1. jayer 14/07/2011 at 11:39 -

    superbe découverte !!! des articles comme je les aime !!

  2. nelson 15/02/2012 at 09:14 -

    dur mais vrai.
    L’univers est riche et l’action trépidante. Je n’ai pu m’empêcher de lire ce livre d’une traite et avec grand plaisir, mais suis resté sur ma faim.

    L’un des auteurs a travaillé pour le monde du jeu vidéo et de rôle, univers où les scànaristes ont tendance à lancer beaucoup de pistes sans les conclure, et je pense que cela se ressent un peu trop.

  3. Torospatillo 15/02/2012 at 09:24 -

    Merci Nelson pour ton commentaire…
    Je suis tout à fait d’accord avec toi… Et c’est d’autant plus dommage que comme tu dis, c’est une lecture agréable, et on enchaîne les pages assez facilement!

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